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mercredi 14 mars 2012

Frap nous fait rire avant la fin du monde

Frap nous fait rire avant la fin du monde




Le dessinateur de presse publie un nouveau livre, jouissif et savoureux.

Il cogne du droit mais aussi du gauche



Eric Chalmel, alias Frap, est membre du jury littéraire Lulu la nantaise. Interrogé sur le premier prix accordé à Épistolaire de rien, dont il a assuré les dessins, Frap a balayé l’éventuel conflit d’intérêts d’un trait de plume : « Évidemment que c’est truqué. C’est la moindre des choses pour un prix littéraire, non ? ».

Un tel homme ne peut pas être foncièrement mauvais. Surtout lorsqu’il devient Frap, un dessinateur de presse dont les coups, uppercuts et autres crochets frappent juste et pas seulement fort. L’outrance gratuite, il la laisse aux gougnafiers du crayon, à ceux qui pensent qu’une mauvaise caricature, ornée d’une bulle ordurière et convenue suffit à déclencher les zygomatiques. Frap est un dessinateur de presse. Il est journaliste dans l’âme et le crayon. Ses excès sont fins , ont toujours un sens et décryptent l’actualité.

Dessinateur à Presse-Océan et Télénantes, il publie son best-of dans un élégant ouvrage 2 012 : Enfin la fin du monde, aux Éditions Siloë. Mieux qu’une simple compilation, le livre réserve de très nombreux et pétillants inédits.

Si vous êtes sarkozyste, autant vous le dire tout de suite, il vous fera une bonne dose d’humour pour que le rire franc ne devienne jaune au fil des pages. La mauvaise foi est érigée en vertu cardinale et les crochets du droit ravageurs. Pour autant, Frap a aussi une bonne gauche, mais pas dans le même style puligistique. Non pas que sa gauche soit « molle », pour reprendre un élément de langage des primaires, mais elle est moins directe, plus fine. On passe du bazooka à l’épée flamboyante. Notamment pour moquer les réflexes de cour de certains proches de Jean-Marc Ayrault. Le dessin sur le zèle des « fans » du député-maire de Nantes pour commenter sur facebook et « liker » le possible futur ministre, et peut-être même le premier d’entre-eux, est à ce titre fort savoureux.

Ajoutez à cela des caricatures à peines voilées des ravages de l’intégrisme religieux et vous obtiendrez un livre indispensable pour mourir de rire avant la présidentielle et la fin du monde de nos amis mayas en décembre 2012.



Jean-Marie BIETTE.



2 012 : Enfin la fin du monde, par Frap, aux Éditions Siloë, 112 pages, 13 €

Dédicace : samedi 24 mars à partir de 16 h à la librairie Durance

mardi 12 juillet 2011

Transquadra : Lulu la nantaise dans Ouest-France

Lulu la Nantaise a mis cap au large



Transquadra : Le navigateur en solitaire nantais Hervé Bonnaudet dans le sillage d'Audiard.





À quai à Saint-Nazaire, le voilier Lulu la Nantaise a attiré plus de spectateurs que d'autres bateaux plus typés course, plus modernes ou plus grands. La raison de ce succès ? L'abord facile, sympathique et modeste du skipper, Hervé Bonnaudet. Et surtout un nom de baptême magique : Lulu la Nantaise.



Engagé dans la Transquadra, épreuve à la voile dont le départ de la première manche vers Porto Santo (Madère) a été donné hier, Hervé Bonnaudet est le premier surpris de l'engouement autour du nom de son bateau. « C'est incroyable, plein de gens sont venus me voir, raconte-t-il. Plus qu'un nom, Lulu la Nantaise est un état d'esprit. Comme moi, les gens se retrouvent dans cette expression, qui évoque la gouaille d'Audiard bien sûr, mais qui sonne bien aussi. Cela veut dire qu'on aime la bonne humeur, les gens qui ne se prennent pas trop au sérieux. »



Il n'empêche qu'à la barre de son Dehler 33, Hervé Bonnaudet entend bien jouer, à l'occasion, les Tontons flingueurs sur l'eau. « Je manque d'expérience, mais je vais quand même jouer le coup à fond », dit cet habitué de la course des îles, organisée, comme la Transquadra, par le CNH (Club nautique hoedicais).



Directeur régional de la société de logiciels informatique 4cad, le Nantais Hervé Bonnaudet aura de toute manière le soutien des amoureux d'Audiard. Et ça fait du monde !


Jean-Marie BIETTE.

vendredi 1 juillet 2011

Lu dans Ouest-France

Épistolaire de rien, ouvrage anonyme












Est-ce qu'il faut prendre ce livre au pied de la lettre ? Peut-on donner du crédit à un auteur anonyme ? Lequel justement publie un recueil de lettres qui ne le sont pas (anonymes). A-t-il vraiment envoyé du courrier à Jérôme Kerviel, Éric Besson, Anne Lauvergeon, Jean Sarkozy, Georges Frêche in extremis, faute d'avoir pu joindre Darwin, Einstein... ? Et autres célébrités sans poste restante ? Le dessinateur nantais Frap, illustrateur de l'ouvrage, a-t-il une idée précise de l'identité de ce plumitif ? Sinon a-t-il reçu lui aussi une lettre comminatoire pour l'obliger à se saisir de ses crayons ? Avait-il un espitolaire sur la tempe quand il a dessiné la couverture en couleur et de la main gauche ? À toutes ces questions il sera difficile de répondre.



Mais les faits sont là. On ne tombe pas sur un os en cherchant sur internet les Éditions du Pilon qui publient l'ouvrage. Sur le réseau Facebook et autres médias sociaux, un certain maître Folace, prosélyte, fait tout pour ne pas rater cette correspondance. Il en coûte onze euros pour se procurer ce recueil à la librairie Coiffard, chez Durance, ou encore au Café la Perle, sis rue du Port-au-vin, et au restaurant dit l'Atelier d'Alain à Nantes...

Renouant avec l'art du roman épistolaire qui a pour pionnier notoire l'Anglais Nicolas Breton, auteur en 1603 du célèbre ouvrage A post with a packet of mad letters et avec une période moins glorieuse, où la lettre anonyme était monnaie courante... L'auteur inconnu ferraille, polémique, distille son ironie féroce, reprend les mots terribles de Pierre Desproges « Le portugais est gai, l'Espagnol est gnol », éreinte Marguerite Duras, inflige au lecteur des refrains de Didier Barbelivien... Pire, il est capable d'imaginer un second tome alors que l'opuscule s'arrache sur Price minister.


Yves AUMONT

Épistolaire de rien,

éditions du Pilon, 11 €.

mardi 6 octobre 2009

Abécédaire nantais

Me Folace a dégoté ce matin un mot de billet dans la grande presse régionale de l’Ouest. Afin d’éviter trop de peine à sa famille, notre notaire préféré a jugé utile de gommer le nom de son auteur. On le comprend.


Nantes en six lettres pour nos amis saltimbanques parisiens

Petit abécédaire à l’ usage des animateurs d’Europe 1, venus de Paris, capitale
peuplée essentiellement de provinciaux et même de Bretons à Montparnasse.
Voici donc Nantes en six lettres et quelques lignes d’une parfaite mauvaise
foi à ne lire qu’à un degré au moins deuxième.

N… comme Nantes et sa devise Favet Neptunus eunti, ce qui se traduit par
« Neptune favorise ceux qui osent ». Sauf pour les accros du Jeu des milles
francs, on est rarement fier de sa devise. Bon, Nantes s’en sort finalement assez bien. Neptune rappelle que c’est un port peuplé de fiers marins aventuriers, comme le montre bien l’absence.
totale de bateaux amarrés aux quais de la Loire, sauf un bateau militaire,
le Maillé-Brézé, dont on déconseille un usage maritime, sauf pour les
nostalgiques du radeau de la Méduse. Il arrive aux Nantais d’être fiers d’être
Nantais, notamment dans les tribunes de La Beaujoire. Il n’y a pourtant pas
vraiment de quoi, tant sont lointains les derniers exploits des Canaris. Sauf en
coupe de France, mais c’est la « petite » voisine Carquefou qui jouait…

A… comme Ayrault. Connu à Paris pour être assis à la gauche de François
Hollande à l’Assemblée nationale et s’indigner des mesures gouvernementales, Jean-Marc Ayrault est beaucoup plus consensuel et souriant dans sa « bonne ville » de Nantes, cette « belle endormie » qu’il a incontestablement réveillée. A beaucoup investi dans l’art spectacle. Avec
la troupe Royal de luxe d’abord, qui a jeté son ancre dans les rues de Berlin pour fêter la chute du mur. Puis dans un gigantesque éléphant de bois, dont l’appétit va jusqu’à réserver quelques désagréables surprises sur les feuilles d’impôts. C’est que ça bouffe ces bêtes-là !

N… comme Nantais, qui aime à citer le surréaliste André Breton : « Nantes,
peut-être avec Paris, la seule ville de France où j’ai l’impression qu’il
peut m’arriver quelque chose qui en vaut la peine ». Maintenant, ne nous
emballons pas. Les mauvaises langues diront qu’il peut surtout
arriver une averse…

T… comme Trafic. Pour reprendre la phrase d’André Breton, on est en
revanche certain qu’à Nantes, comme à Paris, il peut vous arriver d’être en
retard si on se déplace en voiture. Les différentes municipalités ont eu
beau prendre les devants en comblant les cours de l’Erdre et de la Loire
pour éviter de faire une concurrence par trop déloyale à Venise, les
boulevards de bitume ayant bouté l’eau hors du centre-ville ne suffisent pas
à absorber le flot de bagnoles. Petit jeu amusant : regarder dans les
bouchons à 8 h 45 ceux qui se marrent tout seul. C’est généralement Schivardi
alias Canteloup qui finira bien un jour par rendre hommage aux élus ayant
décidé de chasser l’eau du cœur de Nantes !

E…. comme enfants nantais. À défaut d’être surréaliste, l’enfant nantais
est très généralement rêveur et plein d’imagination. Ses pensées filent au
gré des courants de Loire pour mettre cap au large, vers de nouveaux
horizons. Nantes a ainsi enfanté Jules Verne. Parti vivre à Amiens,
l’écrivain aura des mots irrévérencieux pour sa ville natale ("Quelques
milliers de cerveaux creux, d’une bêtise indécrottable […] de riz, sucre, un
peuple marchand, sachant bien compter son argent,"). Ingrat ! Voilà ce que
c’est quand les rêves d’enfants se brisent dans l’amer. Nantes, on peut et on doit en rire, mais vous ne pouvez pas vous imaginer comme on l’aime !

S…. comme spécialités. Limoges a sa porcelaine, Agen ses pruneaux,
Bordeaux ses grand crus, Nantes a ses p’tits Lu. Dans ma prime jeunesse, par
vent de sud, la ville devenait une immense cour de récré à l’heure du goûter
quand flottait dans l’air une délicieuse odeur de biscuit. Aujourd’hui, le
bâtiment Lu où des mains nantaises confectionnaient les biscuits accueille
un Lieu unique où le b.a.ba de tout bobo est de venir y manger ou prendre
l’apéro.

vendredi 3 juillet 2009

Revue de presse / Ouest-France

C'est curieux chez les marins... Drôle de buzz !

En dépit du bandeau rouge sur la couverture qui affirme de manière définitive « Aucun intérêt », l'ouvrage est en train de se tailler, en catimini, un drôle de succès. Pas de quoi inquiéter pour l'instant Marc Levy et Paulo Coelho, mais, déjà, dans les points de vente nantais savamment sélectionnés (le Café La Perle, l'Atelier d'Alain et Les Copains d'abord) la rupture de stock menace.
Le titre de l'ouvrage : C'est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases ! Une phrase prononcée par Maître Folace (alias Francis Blanche) dans les Tontons Flingueurs. Son genre : « essai littéraire, placide et nonchalant ».
Ses auteurs : Marcel Botafoin, Gabriel Fouquet, Antoine Delafoy-Grandurbain... Des pseudos qu'un limier, fin ou non, n'a pas trop de mal à démasquer à la lecture de la dédicace.
Mais laissons planer encore un peu le mystère. Après avoir sévi sur la toile au lieu-dit curieux-marins-phrases.blogspot.com/ils passent au papier, soutenus par les éditions du Songe en Ibère, une maison d'édition possiblement tenue par un cousin hispanique d'Antoine Blondin.
Chroniques décalées sur l'actualité locale voire nationale, analyse freudienne du cas du Garage Rochard de Saint-Jean-de-Boiseau, portrait du FCNA, ex-grand corps malade de la ligue 1, évocation de Marguerite Duras en Carmen des Asturies, apologie de l'assèchement des cours de la Loire...
Tout passe à la moulinette d'un esprit parfois plus acide que placide (sans Muzo).
Au final, comme annoncé en couverture, ça fait des phrases frondeuses et un buzz sous le manteau. Décidément, ces marins-là sont des gens curieux ! Et démentent une autre réplique des Tontons flingueurs : « L'esprit fantassin n'existe plus ; c'est un tort ! »

Y.A.